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    Mes nouveaux boulots

    Msn ne fonctionne plus du tout à la maison alors ça fait un bout de temps que je n'ai pas donné de nouvelles. Désolée...
    Et pourtant, il s'est passé qqs trucs de mon côté, niveau boulot!
     
    Revenus des vacances autour du Gabon, j'ai recontacté la SUCAF pour voir comment nous allions fonctionner pour mes derniers mois, ici. Ils m'ont répondu qu'il y avait qqs missions pour lesquelles ils comptaient sur moi mais que, par contre, ils avaient enfin trouvé une personne pour le bureau d'étude et donc que je ne pourrais plus bosser là-dessus.
    A ce moment là, j'ai dû choisir entre continuer sur des missions m'intéressant moyennement et ne représentant pas un grand temps de travail ou prendre la décision d'arrêter et de me lancer dans autre chose... Après qqs temps de réflexions, doutes et hésitations, je me suis dit que c'était l'occasion de refaire un peu d'associatif et j'ai donc décider de me lancer dans un autre projet.
     
    Je pense que nous avions déjà parlé de l'écomusée qui a été mis en place par notre voisin et ami, Colin, à la fin de l'année dernière. En décembre, j'avais formé le guide et cela m'avait permis de réfléchir aux autres actions qui pouvaient être faites dans le domaine de l'environnement.
    Actuellement, la visite est un peu compliquée et donc inaccessible aux enfants. Et comme je crois que la sensibilisation à l'écologie passe en grande partie par l'éducation environnementale des plus jeunes, j'ai proposé à la Maison du Tourisme et de la Nature (asso locale) de mettre en place une "exposition enfant" et un programme de "visite scolaire".
    En parallèle de cela, j'ai aussi commencé à donner des cours de sciences expérimentales, dans l'école primaire de St Hilaire. J'ai encore un peu de mal à gérer le timing mais les enfants sont bien intéressés et c'est très enrichissant pour moi-aussi.
     
    A part ces changements, la petite vie au Gabon se déroule tjrs tranquillement. Il y a pas mal de nouveaux arrivants jeunes et sympathiques aux duplex et nos we libres sont tjs agrémentés d'expéditions en tout genre. Je vais d'ailleurs essayer de mettre qqs photos récentes sur le site, incessemment sous peu.
     
     

    Chirurgie et compagnie

    Bonjour à tous,
    En attendant la fin d'un bon gros orage gabonais, je prends un peu le temps de vous tenir au courant des changements au CDP.
    Depuis maintenant 2 mois, mon chef et formateur Olivier a quitté le Gabon pour entammer une nouvelle carrière scientifique en France et l'équipe du CDP a été fortement remaniée.
     
    Tout d'abord, le poste de volontaire international (VI) a enfin été pourvu et Mathieu, un jeune véto toulousain originaire de la belle région de Vouvray (une heureuse coincidence pour abreuver tout le monde de Vouvray au mariage...), nous a rejoint. C'est un gars bien roots et dynamique toujours partant pour bouger et sortir. L'adaptation à la vie gabonaise fut un peu rapide pour lui au départ et la fatigue l'a bien rattrappé dernièrement du fait de nos gardes enchaînées à 2, mais il devrait se remettre sur pied bientôt pour de nouvelles expériences.
    Côté expérience d'ailleurs, il n'en a pas beaucoup en primato comme moi au départ, mais il n'a en plus presque jamais fait de clinique auparavant. Le doute l'habite donc sans cesse, mais je pense que ce petit séjour gabonais sera bien formateur pour commencer en douceur.
     
    Ensuite, nous avons aussi accueilli un jeune véto gabonais en thèse. Barthélémy est mon coloc de bureau, et malgré son sarkozysme inexpliquable et son fanatisme OMien, nous passons du bon temps à discuter de nos visions de l'Afrique et de l'Europe avec passion.
    Il prépare une thèse sur la prévalence de la toxoplasmose dans la viande de brousse au Gabon, mais pour l'instant, il profite surtout de ce séjour pour perfectionner lui aussi ses connaissances cliniques.
     
    Enfin, notre nouvelle chef est arrivée. Bettina, ancienne VI du CDP, est donc venue reprendre haut la main le flambeau laissé par Olivier. Son dynamisme et sa rigueur laissent augurer de beaux jours au CDP si aucun soucis syndical ou financier ne viennent se mettre en travers de son chemin. Continuer mon apprentissage de la primato à ses côtés est vraiment très enrichissant et sa confiance en elle nous a même permis de mener avec succès une amputation scapulo-humérale (du bras, quoi...) sur la doyenne de nos chimpanzés.
     
    Voilà pour les news du front et j'en profite pour faire une "spéciale dédicace" à nos macaques sidéennes qui s'éteignent les une après les autres, sacrifiées sur l'autel de la recherche scientifique. C'est un mal pour un bien, comme on dit, mais c'est tjrs difficile à vivre ici, parce qu'on s'attache qd même pas mal à ces petites bêtes!!

    Fin de la campagne

    Après 126 jours de boulot, non-stop, les camions et coupeuses sont de retours à l'usine. Cette année, les problèmes mécaniques auront réduit l'ampleur du traditionnel "défilé de retour des machines" mais voici tout de même quelques photos des machines en tenue de fête!!
     
    Au niveau résultats, la météo n'aura pas été clémente et au lieu des 28 000 tonnes objectives, seules 21 500 auront été produites. Ca risque d'être chaud au mois de mai!!!!!
    Enfin, malgré cela, les gars sont quand même au bord de la grève pour réclamer leur prime de résultats. Elle est bonne celle-là, non?!!
     
    En tout cas, l'ambiance est plus cool, maintenant, au niveau boulot. Nicolas, le chef des cultures a même le temps de m'emmener vadrouiller dans les plantations et de me montrer les plus beaux coins.

    Le cap des 20 000

    Je vous écris à l'instant même où l'alarme annonce la bonne nouvelle : la cap des 20 000 tonnes de sucre est passé!!
    Quand les choses avancent, tout le monde doit être au courant alors on fait sonner la corne de brume!!
    C'est une chose que j'apprecie beaucoup à Sucaf, cet esprit de corporation qui existe aussi bien dans le travail que dans la vie sur le site. "Nous sommes ensemble" comme on dit ici!! 
     
    Par contre, ce que j'apprécie moins, ce sont les gars étranges qui me parlent de protection contre la magie, pendant toute la matinée...J'ai beau ne pas croire vraiment à ces histoires, ça finit par devenir un peu inquiètant.
    Le gars en question s'appelle Guy, et est venu au moins 5 ou 6 fois depuis ce matin me dire des trucs bizarres comme quoi j'étais gentille alors qu'il fallait faire attention aux gens qui pouvaient vouloir m'envouter en me touchant! Dans le fond, je pense surtout qu'il veut faire le malin auprès de la "petite blanche", mais bon!
     
     

    Semaine-folie à la Sucaf

    Cette semaine, à la Sucaf, c'est la super ambiance. Il y a pas mal de monde de passage et plus on est de fous, plus on rit, c'est bien connu!!
     
    La première personne "nouvelle" est Gilbert, un retraité du Cirad, qui vient faire un état des lieux des études menées ici. C'est avec lui que je bosse en ce moment et c'est vraiment très intéressant de travailler avec un gars qui a étudié toute sa vie les cultures maraîchères en Afrique! Il a vu du pays et il en a des choses à raconter!!
    Il y a aussi plusieurs pilotes. La campagne d'épandage va commencer et donc 2 pilotes sont là actuellement pour monter l'avion et faire les tests préalables. Samedi, un 3ème arrive et restera un mois complet pour couvrir les 4000 ha.
    Ils ont déjà monté l'avion et doivent faire des tours de tests alors, on en profite pour faire des petits visites, c'est chouette! Ce sont des anciens pilotes de chasse et ils sont encore très joueurs (Maman, ne lis pas ça!!). La dernière fois, celui avec qui j'étais a simulé une attaque : nous avons fait du rase-mottes sur les champs, à 160 km/h et lorsque nous sommes arrivés au dessus des "autres", nous avons fait une chandelle vers le haut. J'avais les jambes flageollantes mais qu'est-ce que c'était rigolo!!!
    Par contre, j'avais oublié l'appareil photo cette semaine alors vous n'aurez les photos de la Sucaf vue d'en-haut, que la semaine prochaine.
     
    Sur ce, bon we de 3j et bonne recherche des oeufs de Pâques.
     

    Prison et Jeanne D'arc

    Je voulais parler d'un truc qui s'est passé au boulot, la semaine dernière, et qui m'a un peu retournée...
    Je viens de passer du temps à raconter le mariage alors je vais aller vite mais c'est important pour moi. C'est à propos du gars qui arrivait par train à la SUCAF, mardi dernier; il lui est arrivé un gros pépin. C'est un peu complexe comme problème, mais c'est un bon exemple de la mentalité gabonaise alors je tiens à bien expliquer.
     
    Ce gars, Nestor, est un tout petit gars super souriant, gentil et très professionnel, c'est-à-dire qu'il est sérieux et ne rechigne pas au boulot, voire même essaye de proposer des choses un peu nouvelles, ce qui n'est pas très courant, sans vouloir faire de généralités!
    Or, les gens, ici, sont assez jaloux et souvent, ces jaloux, au lieu d'essayer de s'impliquer eux-mêmes plus, mettent des bâtons dans les roues de ce genre de personne.
    Et là, ça n'a pas loupé. Le pauvre Nestor a le malheur d'être moitié Gabonais, moitié Congolais et des gens ont été dire aux gendarmes (il y a une gendarmerie au sein de la Sucaf) qu'il était là illégalement et que ce n'était pas normal qu'il ait monté un échelon. Donc les gendarmes l'ont contacté, l'ont intérrogé et l'ont coffré pendant qu'ils vont mener l'enquête. Et quand je dis coffré, c'est bien coffré. Il est en slip, dans une cellule avec comme seule nourriture, ce que sa famille lui apportera.
     
    Quand je disais que c'était complèxe, c'est qu'il y a pas mal d'histoires de relations familiales là-dessous. Moi-même, je ne comprends pas tout mais il paraitrait que les gendarmes agissent bien différement en fonction de qui dépose la plainte.
     
    Enfin bref, voilà l'anecdote. Il y est depuis jeudi soir et je vous laisse imaginer comme ça doit être traumatisant d'être seul, avec les rats, à tourner ça dans sa tête, se dire que sa vie est foutue, qu'il va falloir tout recommencer, etc, etc. Moi, je n'ai pas réussi à le voir mais je lui ai fait transmettre un livre, en espérant que ça puisse lui changer les idées (si il lui est remis!!) mais les collègues qui y sont allés, m'ont dit qu'il avait beaucoup maigri et qu'ils avaient peur qu'il ne tienne pas trop le coup.
     
     
    Pour finir sur une note plus amusante, on avait parlé, une fois, des prénoms bizarres. Et bien après Jean-Held ou Prince (comme Mr De LU, bien connu dans le monde de la biscuiterie), j'ai une collègue qui s'appelle Jeanne D'Arc. C'est son prénom, oui, oui!!!! Pas mal, hein?

    Journée de m_rd_!!!!!!!

    Ben dites-donc, je comprends maintenant l'expression "il y a des jours où l'on ferait mieux de rester au lit"!!! Quelle journée nulle. Je n'ai qu'une hâte, c'est de rentrer et de me remettre au lit.
     
    Ca avait assez bien commencé pourtant avec la fièvre de Guilmot qui était tombée et une arrivée quasiment à l'heure à la Sucaf.
    Sauf que là, à peine descendue du 4x4, je vois sortir une petite fumée du côté de la roue avant droite. Je suis allée rapido au boulot et ai filé au garage. Et oui, une sucrerie ayant énormement de véhicules, il y a, ici, un grand garage!! Et heureusement parce que lorsque les gars ont regardé ça de plus près, il semble qu'un boulon du "triangle" soit parti, ce qui fait que la roue aurait aussi bien pu se casser en route et que le "moyeu" ait un problème de roulement ce qui fait que la roue aurait pu se bloquer et que je parte en tonneau...
    Le gars qui s'occupe du garage a tendance à dramatiser souvent mais bon, j'ai bien compris que dans mon malheur les choses auraient pu être pire. N'empêche, j'ai retourné ça toute la matinée et ça m'a gaché la journée!!
     
    En plus, pour ne rien arranger, le gars avec qui je devais bosser aujourd'hui n'a pas pu arriver et est rester bloqué dans le train. Ce qui fait qu'en plus j'ai passé la journée à attendre et à faire de la m_rd_.
    Je vais commencer sur un autre projet, comme le technicien du bureau d'étude est en vacances et ça concerne la culture cette fois-ci. Ca va être bien mais le début est cahotique. Comme la plupart des choses, ici, cela dit en passant.
     
    Bref, rien de super aujourd'hui mais il faut que j'arrive à me dire que ça aurait pu être pire et puis ce n'est que matériel, on s'en fiche...
    Demain sera un autre jour.
     

    Surprise, surprise...

    Hier soir, j'ai eu le droit à une jolie surprise!! En rentrant de la bibliothèque, je vois une voiture ressemblant étrangement à la nôtre, s'approcher. Et voilà qu'elle s'arrête devant ma porte et qu'en sort... et oui, un petit Guillermito!
    Il était venu, accompagné de Caprice passer une petite soirée à la Sucaf. Ce qui, en plus d'être adorable, tombait très bien car il y avait un apéro, organisé par les Sordet, pour déguster les produits offerts par les fournisseurs! Nous avons donc bu du champagne, en mangeant du saumon fumé et du foie gras. Plutôt exceptionnelle, comme soirée africaine!!
     
    Je voulais en profiter pour parler un petit peu de mes collègues.
    Je commencerai par le DG, Mr Sordet. Je ne le connais pas beaucoup mais c'est le type de chef que j'apprécie, il sait garder la distance nécéssaire tout en étant très cordial. Sa femme tient la bibliothèque et comme elle aime les livres on a forcément quelques atomes crochus...
     
    Mr Fale Bi, mon chef direct, est le Directeur Usine. Avec lui, j'apprends à travailler à l'africaine. C'est très différent parce qu'il y a, ici, d'autres codes qui ont des impacts importants. Par exemple, une réunion de travail avec des gens de niveaux hiérarchiques différents a peu de chance d'être productive. Les "petits" ne diront pas un mot et laisseront parler les chefs, ce qui perd tout intérêt.
    Basile et Cyrique sont responsables des services Fabrication et Laboratoire. Ils sont très gentils mais je n'ai pas souvent travailler avec eux.
    Le bureau d'étude est tenu par Philippe, avec qui je travaille beaucoup. Mon prochain projet sera de lancer ce bureau d'étude qui, faute de structures et de méthodes adéquates a du mal à démarrer, alors j'essaye déjà de l'impliquer le plus possible sur ce que je fais afin qu'il voie un peu comment cadrer les choses. Parfois, il parle un peu plus qu'il n'agit mais bon, il est motivé et je crois qu'il y a moyen d'arriver à quelque chose. Il faut dire que sans méthode, ni outils, c'est tout de suite plus dur... De plus, ses fonctions ne sont pas bien définies alors ils se perd souvent en route. Il fait plein de trucs mais ne les exploite pas ou très mal.
     
    Au niveau de l'agglomérie, où je travaille actuellement à optimiser la production, le chef s'appelle Jean-Louis et est très bien. Il est un peu froid par moment mais je crois que c'est sa manière à lui d'être professionnel. Il est assisté d'Eugène et Gilbert qui sont sensés avoir des rôles d'encadrement mais ils ont quelques difficultés. Ici, on hésite souvent à rouspeter et risquer de se mettre les gens à dos...
    Heureusement, Marie-Rose, la responsable de l'aspect commercial/export/livraison déborde souvent un peu de ses fonctions et remet de l'ordre là-dedans. Les femmes sont souvent plus carrées, j'ai remarqué. Moins écoutées malheureusement, mais plus fermes et courageuses!
     
    Luc, le responsable Cultures est le seul à être ici avec sa famille au complet. Et ils sont tous les 4 très sympa. Il m'a montré pas mal de choses au niveau agro et j'éspère que je pourrais collaborer encore plus avec lui car c'est très agréable de travailler ensemble.
    Au niveau des autres expat, il y a Alain, mon partenaire de tennis et Gérard, le directeur du parc matériel. Il est pilote alors nous aurons peut-être l'occasion de voir le Haut-Ogooué de haut! Eux 2, leurs femmes sont en France alors ils sont souvent au mess et je les vois plus.
     
    Enfin, en dernier lieu, je voulais parler d'Yvette et Albert parce qu'ils sont vraiment supers avec moi!!! Pour vous dire, ils m'ont même ramené du saumon fumé de France comme ils savaient que j'adorais ça et que ça allait me manquer à Noël... C'est aussi eux qui nous ont acheté et ramené nos cadeaux de Noël : de superbes raquettes de tennis (choisies sur les bons conseils de Mr Fab).
    Albert est le responsable Maintenance et je partage son bureau. Il est marrant avec son accent de l'est et la co-bureautation se passe très bien.
    Yvette tient le mess et elle est toujours pleine de gentilles attentions. Elle me donne des restes de salades de fruit pour mes repas du soir (n'ayant pas de materiel pour cuisiner, chez moi, je mange une misérable soupe!!), elle me fait servir des biscottes plutôt que du pain, le matin, etc, etc..
    On discute pas mal et comme ils ont fait 30 ans d'Afrique, c'est intéressant. Nous n'avons ps toujours la même vision des choses mais bon, chacun son passé. Eux, ils sont arrivés pas très longtemps après la fin de la colonisation alors ça change beaucoup de choses!
     
    Pour les courageux qui sont arrivés jusque là, je dis bravo. C'était un peu long, je sais bien, mais comme on me demandait des détails, alors j'ai essayé d'en mettre!!!

    En taxi-brousse

    Après un week-end calme, me revoici à la Sucaf.
    Et comme nous allons, normalement, bientôt avoir une voiture, je pense que c'était l'une des dernières fois que j'y allais en taxi-brousse alors je voulais en profiter pour raconter un peu comment se passe mon trajet!
    En réalité, il se décompose en 2 étapes; je dois d'abord rejoindre la gare routière, en taxi ou en "bus" avant d'embarquer dans un taxi-brousse pour la Sucaf. Je mets le mot bus entre guillemets car il s'agit en fait de toyotas à 4 rangées de sièges, ressemblant un peu à notre ancien superbe Modèle F, où les gens s'entassent à 5 par banquettes.
     
    La première partie n'est pas toujours simple car à cette heure-là, il y a tous les enfants et étudiants et les taxis sont souvent pleins, mais par contre c'est chouette de se retrouver dans ce joyeux remue-ménage... Et puis, les gens sont supers sympas. De tout âge, ils veulent toujours m'aider, demander au taxi à ma place ou bien m'indiquer comment le faire en 2 étapes pour pouvoir gagner du temps. 
    Pour la deuxième partie c'est un peu du quitte-ou-double. Le taxi-brousse ne partant qu'une fois rempli, ce qui signifie 2 personnes à la place du mort (qui ne porte jamais aussi bien son nom que dans ces conditions!) et 4 à l'arrière, l'attente peut varier de quelques minutes à une heure!! J'ai souvent eu de la chance et ai rarement attendu plus de 30 minutes mais c'est sûr que moi qui ne suis pas d'une nature patiente et bien, j'apprends à l'être!!!
    Et l'avantage, c'est que ça m'a permis de connaître un peu les gens. Pas les passagers du taxi-brousse car ce sont rarement les mêmes mais les enfants du taxi et les gars de la gare routière me connaissent tous, m'appellent par mon prénom et j'aime bien cette petite attente, en fait.
     
    Et concernant la route en elle-même, entre Franceville et la Sucaf, elle est en assez bonne état. La majeure partie a été regoudronnée l'an passé, lors de la venue du chef d'état, et les 10 derniers km, en latérite, ne sont pas trop crevassés donc ça va.
    Les paysages sont très jolis et les quelques villages traversés sont bien typiques avec toujours les choses à vendre sur le bord de la route. Je n'ai pas pu prendre de photo de paysages pour l'instant mais je le ferai lorsque j'aurai la voiture. Et en avant-première, voici une image du genre de choses qui sont à vendre...

    Mon premier million

    Ca y est, je viens de toucher mon premier million!!!! C'est plutôt la classe, ça, hein???
    D'accord ce sont des francs CFA mais ça m'est égal, c'est cool quand même de voir tous ces zéros alignés.
    Et en plus, dans 4j, ce sont les vacances alors que demander de plus...
     

    La vie au CDP suit son cours.

    Bonjour à tous,
    Après différents commentaires (merci Francis et les cousines pour vos impressions sur nos qqes aventures...), je vais vous expliquer un peu plus en détail mes travaux au centre de primato.
    Tout d'abord, comme vous l'avez sûrement suivi, mon collègue Olivier est rentré en France depuis notre retour du Sénégal. Gaëlle, sa femme, a mis au monde une jolie petite Justine. Bravo à tous les 2 et bon courage!! Mais cela fait que je suis de nouveau tout seul pour gérer le centre et en période électorale, ce n'est pas de tout repos.
     
    En ce moment, plusieurs petits travaux occupent bien mon temps.
    Je m'occupe tout d'abord d'effectuer avec l'aide de Paul, le chef animalier, et de Solange, l'infirmière, tous les prélèvements liés aux protocoles scientifiques en cours. Ils ne sont pas très contraignants pour l'instant, juste qqes prélèvements de ganglions et de sang sur de vieilles macaques.
    Ensuite, il faut effectuer les soins de routine sur mes qqes 400 singes : diarrhées, vermifugation, blessures diverses, autopsie le cas échéant... Je dois aussi faire les contrôles sanitaires. Un bilan de santé de chaque singe est fait tous les ans, comprenant examen général, vermifugation, tuberculination, prise de mesures, échographie et pose d'implant contraceptif si nécessaire.
     
    Je m'occupe enfin des problèmes de logement.
    Tout d'abord, comme je vous l'avais dit avant de partir au Sénégal, la séparation entre les enclos de semi-liberté 1 et 2 s'est effondrée sous l'effet d'un violent orage. Cela a pris plus d'un mois pour la refaire plus solide encore et les animaux ont pu se mélanger allègrement. Il vous faut savoir que les mandrills de l'enclos 1 sont sains et que les mandrills de l'enclos 2 sont séropositifs en SIDA du singe (ne vous inquiétez pas pour eux, les singes africains ne tombent jamais malades du SIDA. Nous cherchons d'ailleurs à savoir pourquoi...). Maintenant que l'enclos est réparé, il faut donc remettre tout ce petit monde dans son enclos d'origine, et les connaissances de Joanna, l'éthologue, qui différencie un mandrill d'un autre à 100m, me sont d'une aide précieuse. Ce sont surtt les mâles de l'enclos 2 qui ont décidé de rester dans l'enclos 1. Les femelles de l'enclos 1 n'étant pas sous contraceptif, elles sont bien plus intéressantes...
    Nous avons bientôt terminé mais cela nous a pris belles qqes matinées à ruser pour les faire changer de place sans les anesthésier...
    Il faut aussi transférer certains chimpanzés qui sont trop nombreux dans les batiments intérieurs et pas assez nombreux dans certaines volière (le pauvre Mvadi se retrouvant tout seul depuis juin et la mort de Chloé). Il faut donc essayer de choisir les chimpanzés à déplacer en tenant compte de la hiérarchie des groupes, du caractère de ces petites bêtes et de la facilité de travail pour les animaliers.  Pour l'instant, l'adaptation semble plutôt bonne.
    Enfin, je m'occupe de l'aménagement des cages pour que mes petits singes puissent batifoller encore plus. Alors, avec Chabanel, nous leur installons des roues, des cordes, des portiques et des tuyaux de pompiers... Cela semble bien leur plaire, mais cela coûte aussi assez cher et pour l'instant tout le monde ne peut pas en bénéficier. Mais ça va venir...
     
    Sinon, je m'occupe des tracasseries habituelles : gestion du personnel et de ses absences, des approvisionnements en fruits et en farines, des commandes, des travaux en cours...
    J'oubliais aussi de vous dire que nous avons de nouveaux pensionnaires dans le centre. Avec Xavier, un véto de l'IRD, et Philippe, un animalier, nous expérimentons l'élevage de chauve-souris, dans le but de mener des recherches sur le fameux virus Ebola, et c'est très enrichissant.
     
    Voilà pour les qqes news de primatologie, je peux vous dire aussi que je ne suis pas sur le point de faire la découverte du vaccin contre le SIDA mais que qqes pistes se précisent concernant la protection locale contre l'infection. Mais cela reste top secret...
     

    A la sucaf

    Ca y est, j'ai mis quelques photos pour que vous puissiez voir à quoi ça ressemble, la Sucaf!
    Ce qui est très agréable, ici, c'est la présence forte de la nature. On est au milieu de la campagne avec de très belles forêts autour.
     
    En face de chez moi, il y l'école "les petits sucriers" alors quand les enfants me voient avec l'appareil, ils m'appellent dans tous les sens, c'est sympa. Et ça donne de jolis résultats.
     
    Par contre, je n'en ai pas mis de mon appart. A part ma luciole de compagnie, qui tourne au plafond quand je m'endors, il n'y a pas grand chose de beau et comme c'est impersonnel, je ne trouve pas que ça vaille le coup!!

    Nouvelle semaine, nouveau bureau!!

    Une nouvelle semaine commence et avec elle, un bureau pour moi toute seule, avec fauteuil de ministre et accès internet. Trop la classe!!!
    Et chose importante, j'ai pris la résolution de moins m'impliquer émotionnellement. La semaine passée a été assez dure parce que je me heurte parfois à des difficultés que je ne sais pas comment gérer (personnes en train de dormir derrière les sacs de sucre, absences avec excuses à la noix, etc...) et comme je suis seule ici, je n'arrive pas à prendre le recul nécessaire.
     
    Il faudrait que j'arrive à en parler plus, parce que c'est le meilleur moyen d'évacuer mais avec les orages, le réseau téléphonique fonctionne 1j/3 et les gens, ici, ont un esprit un peu "colon" parfois et je me sens pas de parler de ça avec eux.
    Contrairement au CIRMF, la plupart des gens qui sont ici sont en Afrique depuis plus de 30 ans et du coup, ils ont une vision particulière des choses. Je ne sais pas si c'est qu'ils connaissent mieux, ou bien qu'avec l'âge, ils ont acquis des gros préjugés mais c'est parfois assez génant.
    Pour donner un exemple, je cite l'un de mes collègues : "Ils (les gabonais) sont cons comme des manches à balai. Mais bon, tant mieux, c'est grâce à ça qu'on est là!!". Tout ça, dit de la manière la plus serieuse du monde, évidemment. Alors, ça laisse parfois sans voix.
     
    En fait, il faut dire qu'il y a ici une espèce d'innocence dans les réactions qui bièse un peu les choses, je pense. Parce que ces comportements font penser aux comportements des enfants en France (le fait d'être incapable de gérer un budget notamment) et du coup, l'équation est vite faite, si les adultes sont équivalents à des enfants, ils sont inférieurs!
    Alors qu'au contraire, je me dit que ce n'est pas une question du supériorité mais de servilité. Nous, je trouve que l'on agit quasiment comme des robots ou des ordinateurs. On cours dans tous les sens, on gère plein de trucs mais ce n'est qu'une différence de rigueur pas d'intelligence et les critères même que l'on choisi de comparer montrent à quel point nous sommes dans une logique capitaliste avec tout le temps cette notion de performance et de productivité!!
    Toutefois, je ne veux pas critiquer complètement cela, c'est aussi ça qui fait avancer le système et sans rigueur beaucoup de choses partent en déconfiture, comme c'est le cas ici. Je voulais juste partager un peu les réflexions que m'inspire tout ça!!!!!
     
    Heureusement aussi, le tennis et la piscine sont là pour me permettre de me détendre et me changer les idées....
     
     
     

    Un WE pas comme les autres

    Ce WE fut marqué par la première expédition "Plateaux" de Cel, et moi, comme un bon véto de garde, je suis resté au CDP pour surveiller mes petits singes...
     
    En ce beau Samedi matin de Novembre (et oui, il fait beau au Gabon en Novembre...), j'ai vu une dizaine de 4x4 prendre le départ avec juste 1h30 de retard (ce qui semble être une belle perf') pour les fameux Plateaux Batéké. Sylvie, une médecin responsable du secteur parasitologie au CIRMF, fêtait son départ par une dernière sortie en brousse. Célia racontera sûrement mieux que moi cette aventure épique, mais moi, malgré cela, j'ai réussi à passer un bon WE...
     
    Il faut savoir que le CIRMF, c'est environ 150 gabonais et 20 expat' de tous âges. Tous les expat' et une 20aine de chercheurs gabonais habitent sur le site. Pour résumer, les célibataires sont logés dans des studios, les couples dans des duplex et les familles dans des villas. Cela permet de faire connaissance avec tout le monde assez vite, surtout avec les jeunes chercheurs gabonais et avec les autres expat'.
    Ce WE, j'ai donc pu partager 2 délicieux barbecues, où les gambas se battaient avec le foie gras... Les seuls personnes à ne pas être parties pour les plateaux sont les couples avec enfants, souvent en bas âge, qui craignaient les interminables heures d'attentes liées aux barrages routiers pré-électoraux. Gilles et Sandrine, et leur petit Jules, puis Xavier et Laurence, et leur petite Clara, ont donc eu pitié de ma sollitude forcée, et mon WE de garde a tout de suite été plus facile à digérer avec une bonne bouteille de Côtes de bourg...
     
    J'attends maintenant le retour de ma dulcinée avec impatience pour savoir si ces plateaux sont à la hauteur de leur réputation, où s'il vaut mieux rester au CIRMF pour profiter de la piscine vidée et du "nouveau" filet du tennis!!
     
    Bonne semaine à tous et à bientôt!!
     
     

    Semaine à la Sucaf

    Bon, c'est reparti, je retourne à la Sucaf pour la semaine.
    C'est cool mais j'éspère quand même que nous trouverons vite une voiture histoire que je puisse faire les aller-retours régulièrment. Peut-être pas tous les soirs parce que les pluies commencent tôt en ce moment et que je ne veux pas rouler sous ces trombes d'eau mais passer toute la semaine là-bas, c'est un peu long! Et puis, cet appart sans déco et sans affaires perso, c'est glauque...
     
    Sinon rien de nouveau, nous continuons la déco de la maison et ajoutons toutes les jolies choses achetées au Sénégal.
    Et comme Guillaume a repris ses gardes nos week-end restent basés à Franceville. Cela dit, ça nous permet de découvrir les gens et puis, nous profitons bien du terrain de tennis. Il y a pire!
     
     

    Semaine d'audit à la Sucaf

    Me revoici après une semaine un peu longue (6 jours de boulot, c'est dur, mine de rien) mais très agréable. Et, ça y est, j'ai eu le droit à un bleu de travail, enfin!!!
    Mon travail s'est bien passé; j'ai fait un bon tour de l'entreprise et j'ai des idées intéressantes à proposer. Par contre, j'ai du mal à estimer leur capacité à apprendre et je suis un peu embêtée pour faire le plan de formation. C'est délicat d'évaluer ça dans un pays de culture et système éducatif différents.
     
    La vie là-bas est assez particulière. La coupe de la canne se fait pendant les 4 mois de saison sèche et le fait de travailler 7j/7, 24h/24, en vivant en vase clos, pendant ces 4 mois de "campagne" me rappellait un peu l'ambiance colo, c'était marrant.
    La fatigue aussi, d'ailleurs. Je pense que l'on s'habitue mais le bruit de l'usine toute la nuit m'a vraiment gêné pour dormir. Sans compter les reveils tonics à coup d'alarme à 5h, 5h30 et 6h du matin... Et oui, ici, tout est rythmé par les alarmes qui sonnent continuellement les changements de quart.
    Sinon, le cadre est superbe. Cette usine avec ses grandes cheminées, posée au milieu des 4000 hectares de champ de canne, donne une impression étrange. Ca me fait un peu penser aux grosses manufactures de dessins animés, genre Minus et Cortex...
    Et il y a beaucoup plus de forêt du côté de Moanda qu'à Franceville et avec la brume du matin, c'est vraiment très beau. J'ai accompagné plusieurs fois le responsable culture, Luc, un agronome très sympa et il m'a montré des coins superbes.
     
    J'y retourne jeudi pour leur présenter mon rapport et ensuite en novembre, normalement!!

    Avancée du trombinoscope

    Je suis contente, mon trombinoscope avance bien!
    J'ai fini les chimpanzés en volière et une bonne partie de ceux en cours de récréation. Les gorilles, ça va, ils sont calmes et peu nombreux donc aucun problème. Pour les mandrills, après tri et identification, le résultat est plutôt pas mal, je dois en avoir une cinquantaine. Il faut que je continue et peut-être aussi que je commence à m'attaquer aux cercopithèques qui sont en semi-liberté. Ca va être un peu compliqué car ils ne sortent pas beaucoup de leur couverture de feuillage mais bon, ils ne sont que 12 alors ça devrait aller. 
    En fait, au niveau organisation, c'est assez simple parce qu'il y a des singes qu'il faut mieux que je prenne le matin, comme les chimpanzés des cours de récréation qui ne sortent que jusqu'à 12h30 et les cercopithèques qui ne descendent de leurs arbres qu'au nourrissage de 8h30 (après, il doit sûrement faire trop chaud...). Et d'autres que je vais plutôt observer l'après-midi, comme les mandrills, pour avoir plus de temps pour les repérer. Parce que, ce qui est compliqué avec eux, ce n'est pas d'avoir une belle photo, c'est surtout d'arriver à voir l'identifiant pour pouvoir mettre un nom sur la photo... C'est d'ailleurs pour ça que je n'en ai qu'une cinquantaine!
     
    En tout cas, c'est vraiment super de faire ça. Je passe la plupart de temps à observer des singes qui m'ont toujours fait rêver. C'est une chance merveilleuse.
    Et j'ai bien le temps de comprendre leurs comportements, c'est très intéressant. Surtout en pouvant voir les différences entre espèces. Par exemple, les gorilles sont très calmes et font leur vie sans trop de relations avec les humains alors que les chimpanzés sont très remuants, bruyants et cherchent beaucoup plus le contact. Chez les petits, c'est encore autre chose, les cercopithèques sont plutôt craintifs et les cercocèbes assez vindicatifs. Mais ils sont surtout beaucoup moins semblables aux humains. Car c'est tout de même sidérant à quel point les comportements des grands singes font penser à certains comportements humains. L'anthropomorphisme est souvent tentant...
    Ce sont surtout les chimpanzés qui sont frappants. Leur attitudes, leurs relations, leurs rapports de force, leurs jeux, beaucoup de choses sont vraiment voisines aux nôtres. Les rapports qu'ils établissent avec nous sont très différents en fonction des individus : il y en a qui veulent juste connaître ton odeur ou te toucher, d'autres qui présentent leurs dos pour que tu les gratouilles ou encore d'autres qui sont super agressifs et même flippants, pour certains. La pire, c'est Fifi. Il est impossible de s'approcher de sa cage tellement elle essaye de te choper ou de t'asperger de crotte. Nous nous sommes bien amusés pour arriver à les photographier ceux-là. Guillaume était obligé d'aller à l'opposé de la cage pour attirer les foudres sur lui!!
     
    Sur ce, je vais créer une rubrique spéciale dans l'album photo, pour mettre mes plus belles images.

    Travail au CDP

    Le Centre de Primatologie, c'est avant tout un des services les mieux rodés du CIRMF.2 infirmières, 1 ménagère, 2 secrétaires, 12 animaliers, et 1 chef animalier et 2 jeunes vétos pour gérer une ménagerie de plus de 400 singes.
    Le centre a été créé, voici maintenant 25 ans, pour comprendre les problèmes d'infertilité des femmes au Gabon. Les primates sont venus le peupler pour servir de modèle aux études scientifiques.
    Ces singes sont surtout originaires du Gabon, voire spécifiques à ce pays. Ainsi, je vais tous les jours papouiller cinq gorilles, une soixantaine de chimpanzés, quelques 200 mandrills, une soixantaine de macaques (rhésus ou cynomolgus), une douzaine de cercopithèques à queue de soleil et quelques cercocèbes à collier ou autres vervets...
    Ces singes nous ont été rapportés des villages voisins où leur parents avaient été tués... Certains étaient aussi conservés comme animaux de compagnie pour les enfants. Ainsi la colonie de 200 mandrills, unique au monde, est issue d'une trentaine de femelles dont certaines sont toujours en parfaite santé. Seuls les vervets (originaire d'Afrique tropicale) et les macaques (originaires d'Asie) ont été achetés pour des protocoles scientifiques bien précis.
    Mon travail sur place consiste donc à veiller à la bonne santé de tout ce petit monde, éviter les épidémies et effectuer les manipulations d'animaux nécessaires aux protocoles scientifiques en cours. Aucun des animaux présent n'est manipulé sans une anesthésie préalable. J'ai donc du apprendre à manier la sarbacane. Et heureusement que pour l'instant ma survie ne dépend pas du fruit de ma chasse... Quand il faut chasser le gorille, ça passe encore, mais flècher le cercopithèque c'est un plus complexe...
    L'autre aspect de mon travail consiste à essayer de gérer les lenteurs administratives du CIRMF. Il faut se battre pour un rouleau de saupalin, relancer sans cesse pour la commande d'anesthésiques, ou gérer les retards de paiement avec les fournisseurs. Et ça prend du temps...
    L'ambiance de travail au CIRMF est assez tendue par moment car la situation finacière n'est plus aussi rose qu'au début. Et le personnel, qui a plus de 20 ans de boite pour certains, n'entend pas abandonner ses privilèges facilement. Cela a entrainé une grève générale avant que je n'arrive, qui n'a pas arrangé les choses, loin de là... Heureusement, le CDP semble épargné par ces querelles  et l'ambiance y est plutôt agréable. Les animaliers connaissent leur boulot sur le bout de doigts, et même s'il faut parfois les rappeler à l'ordre, le travail est bien fait dans l'ensemble. Petit à petit, je commence à prendre mes marques, à sympathiser avec les animaliers et à m'habituer à la pathologie simienne.
    J'occupe aussi une bonne partie de mon temps à observer le comportement de mes pensionnaires. C'est vraiment énorme de les voir feinter pour me faire peur, de les voir s'exiter les uns contre les autres ou d'observer les luttes incessantes pour la dominance. Les chimpanzés sont évidemment les plus démonstratifs. Ce sont eux qui cherchent le plus le contact mais il faut parfois ruser pour éviter les projectiles nauséabonds de certains.
    Les explications des animalires m'aident à comprendre les liens hiérarchiques et l'historique des différents groupes. Cela me permet aussi de tisser des liens avec ces gabonais, qui sont plutôt froids et distants au premier abord. Petit à petit, une complicité s'installe et les échanges deviennent plus faciles. Il faut déjà rompre la barrière du "oui, chef", "non, chef"... Et avec certains animaliers, je n'ai pas encore réussi. Mais avec d'autres, j'arrive maintenant à discuter de presque tout et à apprendre chaque jour un peu plus sur la manière de fonctionner de ce pays particulier. Avec Olivier, mon boss, les relations ont tout de suite été plus faciles... Il a vécu la même expérience que moi, en arrivant ici sans trop de connaissances en primato. Il ne connaissait pas non plus l'Afrique, mais après plus de 4 ans de vie ici, il commence à en connaître toutes les ficelles. Cela permet des discussions passionnantes entre le néophyte que je suis et le vieux briscard qu'il est devenu...
    Cette expérience répond donc pour le moment à la plupart de mes attentes. Malheureusement, je suis, pour l'instant, un peu trop occupé par mes gardes de WE pour pouvoir profiter du pays. Cela devrait venir et à ce moment-là, la satisfaction pourra être complète... 
     

    Des nouvelles de la Sucaf

    Lundi dernier, le 5, je suis allée à la Sucaf pour rencontrer le directeur et le responsable usine.
    Ca a été assez épique car je profitais d'un camion du CDP qui se rendait là-bas pour prendre de la mélasse. Or, une cuve de 2 tonnes sur la plateforme d'un camion, tenue par une simple corde et qqs câles de bois, ce n'est pas très stable... Donc, l'aller s'est fait sans problème, 40 min pour 60 km, mais le retour a été une autre paire de manche. Nous avons mis plus d'1h30 et j'étais contente d'arriver sans que nous n'ayons fait de tonneaux!
    Cela dit, Blaise, le conducteur, a geré ça comme un chef!!!
     
    Sinon, le rendez-vous, en lui-même s'est bien passé (merci Sug pour ton poly) et ils m'ont proposé qqchose qui peut être très intéressant. Il s'agit de faire de l'expertise sur un atelier et de former une équipe à en faire.
    En fait, il me propose un fonctionnement très autonome. Ils m'ont présenté la problématique et me propose de venir faire une sorte d'audit pendant une semaine afin de leur présenter un plan d'action, pour la suite.
    Les deux choses que je devrai organiser, je ne sais encore comment, sont donc :
    - optimiser leur atelier d'agglomèrerie (fabrication des morceaux de sucre) au niveau process, organisation, maintenance, etc,
    - former une équipe efficace pour leur Bureau Méthode qui a un peu de mal à fonctionner actuellement.
     
    Pour donner un peu mes impressions, je suis à la fois très contente, parce que ce sera une super experience et que c'est agréable de voir la confiance qu'ils ont en moi, mais ça me fait un peu peur parce que c'est assez ambitieux et que je serai un peu trop seule maître des choses. En deux mots, c'est très motivant mais un peu effrayant!
     
    En tout cas, ça veut dire une chose : il faut que l'on règle vite la question voiture.
    Parce que même si ils peuvent me loger sur place, je préfererais pouvoir faire la route tous les jours et habiter avec mon chéri!!!